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Salima Raoui

Artiste - Art Thérapeute Humaniste- Fondatrice de ECC/ABB

Salima Raoui

L'incontournable et douloureux processus d'individuation, sous titre du Volume 2

UNE VIE TOUT SIMPLEMENT , Volume 2
L’incontournable et douloureux processus d’individuation 

Introduction


Le silence, comment l’apprivoiser? Comment apprendre à vivre sans communiquer avec l’autre? J’ai toujours été fascinée par ces couples qui arrivent à se bouder et continuer à vivre sous le même toit pendant des jours, des semaines et parfois même des mois..Ils vivent cela peut-être comme un processus de protection nécessaire pour passer les étapes de crise ou croissance du couple faute de pouvoir se faire entendre autrement dans leurs besoins.
Le silence nait d’où en fait, alors qu’il semble antinomique avec notre besoin en tant qu’animal social d’échanger ne serait-ce que pour la survie de l’espèce, mû par un instinct profondément ancré dans nos cellules.
Les hommes ont-ils plus la capacité de le faire que les femmes? Nous voyons plus souvent  des hommes que des femmes aller vivre seuls dans la forêt, à moins que cela ne soit tout simplement plus dangereux pour la femme que pour l’homme.
Pourquoi et comment s’isoler sans risquer de sombrer dans une certaine forme de folie ou de comportement anti-social, voire violent ou auto-destructeur? 

C’est un peu ainsi que commence le processus d’individuation. Avec l’autonomie vient la douleur de la « séparation » mais la réalisation de soi est incontournable pour s’individuer et devenir responsables  et acteurs de nos vie. Un processus qui prend 5 phases selon Carl Gustav Jung avant de devenir proche et libre.

« C’est, dans l’idéal, le moment où l’on devient un individu complet, doté d’une meilleure connaissance de soi. Nous accueillons avec plus de souplesse nos qualités et nos défauts, nos désirs contradictoires, nos conflits intérieurs. Et accédons à l’intégrité : la capacité à nous voir tels que nous sommes en tant qu’individus, mais aussi membres de la communauté humaine, reliés au vivant et à l’ensemble de l’univers »

Ces premieres semaines de janvier 2019 s’annoncent dans le silence, un silence choisi ou non consciemment mais qui s’impose et m’invite à y trouver de nouveaux repères. C’est un peu comme si débarqués sur une île déserte après une violente tempête en mer ou un naufrage, seuls, échoués par une dernière vague sur la plage, nous sommes mis subitement et sans transition face au vide et aux dangers qui peuvent y habiter.
Se retrouver le nouveau resident d’une île sauvage, faites de terres encore inexplorées, de refuges à découvrir ou s’en créer faute de les trouver, peut être effrayant et fascinant à la fois.

La solitude comme l’individuation sont en fait une petite mort annoncée. C’est la mort de l’ego qui n’existe qu’à travers le regard, l’amour et l’attention des autres, tendance aujourd’hui encore plus exacerbée par les réseaux sociaux virtuels! 
La partie sage en soi qui a besoin de retrait et silence  pour s’entendre lutte contre la partie en soi qui elle panique face au vide, face à la non-existence fictive devant l’absence de miroir extérieur. Elle doit mettre en place une nouvelle manière d’exister, un nouveau mantra : « je respire donc je suis… » Cela demande courage et force intérieure.

C’est donc une bataille qui se livre au quotidien, à chaque inspire et chaque expire, une lutte avec les pensées qui paniquent à l’idée de ne plus servir. Depuis quelques années ce thème avec l’écriture devient de plus en plus recurrent pour moi et les premiers mois de 2019 semblent vouloir s’annoncer comme l’année de la solitude en conscience, le ralentissement des activités, une retraite en processus d’apprivoisement.

Ce ralentissement et le silence qui vient avec m’aident à accueillir les phases suivantes de ma vie en douceur. Ma peinture me le demande, l’écriture des livres me l’impose, ma créativité en a besoin…pourtant c’est aussi une pratique douloureuse.
C’est la fin officielle d’un parcours mais c’est aussi et véritablement l’année de la reinvention.

Je commence donc la redaction de mon deuxième volume dans cet état psychologique, ces reflexions en retrospective sur les 17 années passées. Je continue le voyage avec vous à partir de 2001, là où je m’étais arrêtée , pour reprendre mon souffle et aborder les années les plus intenses et à mon sens aujourd’hui les plus importantes de ma vie. La tranche d’âge de 40 à 57ans est une étape essentielle où l’on passe du 6eme au 7eme chakra, de celui  de la vision et l’approfondissement des facultés intuitives à celui de la maitrise et de la transmission. 

Alors le silence est clé, il est l’espace dans lequel j’habite pour aller revoir ces années, en extraire l’essentiel et retracer la carte de mon évolution et mon individuation étape par étape.

Dans ce deuxième parcours, de 2001 à fin 2018, 17 années se sont écoulées. Des années de rencontres, de formations, de voyages, de déménagements, d’éveil de la conscience, de retrouvailles et de nouvelles amitiés, de désillusions, de pertes de repères, de collaborations, de destructions et de reconstructions, de réalisations et d’apprentissages sur la nature humaine comme jamais je n’ai vécu jusque là.
Dans notre tradition il est souhaitable de consacrer la deuxième partie de sa vie à transmettre ce que nous avons appris dans la premiere.
Je vous livre en toute authenticité, un chemin, une approche et une vie qui se sont inévitablement entrechoqués pour tenter de mettre au monde un outil d’éveil de la conscience par la créativité. Une mission pas évidente…
Dans ce deuxième volume il y aura des passages issus de mes écritures intuitives, mes chroniques hebdomadaires, des témoignages et retours sur mes formations et l’approche ECC/ABB, des extraits sur mes propres experiences avec les états modifiés de conscience, le rêve, Carl Gustav Jung, les rêves éveillés, l'hypnose et les collages dialogues avec l’âme, ma formation en guérison par la quête de vision chamanique au son du tambour et mon EMI ( Experience de Mort Imminente ) avec l’Ayahuasca au Pérou…Et tellement d’autres aventures de vie entre les USA et le Maroc

Ce volume constitue la fin de mon auto-biographie à ce jour de mes 57 ans. Les volumes suivants seront dédiés à l’approche comme outil psycho-pédagogique à caractère initiatique thérapeutique avec outils et conseils pour tout un chacun.

Je dédie ce second volume à l’approche ECC /ABB qui m’a engloutie dans les méandres les plus profonds de la psyché humaine, la mienne et celle de l’autre. Une experience qui m’a fait connaitre les douleurs de l’accouchement, l’euphorie de la mise au monde d’un bébé aujourd’hui adolescent presque majeur et l’accomplissement ultime de sa continuité avec d’autres « parents » adoptifs, les praticiens accompagnateurs ECC/ABB.

Salima Luna Ghazal Raoui
Mercredi 16 Janvier 2019.

Illustration extraite du Livre Rouge de CG Jung


Le processus d'individuation selon Jung 


-Étape 1
Se rendre compte que l' "on" n'est pas "tout". Seul l'être qui n'est pas prisonnier de sa persona, ni esclave dogmatique "de la vérité et des traditions" réunit les conditions pour entamer le processus de dépossession et peut "s'ouvrir" par désidentification. Il faut être capable de dire: " Je ne suis pas celui que je croyais être jusqu'à maintenant, je ne suis pas celui que j'appelle être moi, je ne suis ni mes projets, ni l'image que les autres et moi-même ont de moi, je suis un inconnu et je me cherche". Cela revient à se détacher des structures conventionnelles de la persona, ce qui entraîne une certaine insécurité car il n'y a plus les repères "habituels" de la persona, d'où une certaine dépersonnalisation et une désorientation certaine.
La technique, le "véhicule" qui va révéler l'inconnu à l'individu qui a commencé le processus, est l'étude des rêves et de l'imagination libre. Il pourra réaliser le mouvement régressif indispensable et rebondir vers le mouvement progressif.

-Étape 2
Ayant cessé de placer le centre de ses motivations dans la "reconnaissance sociale" et les systèmes conventionnels, en acceptant ce qui est contraire à son système de valeurs, sans pour autant se retourner contre son système, l'individu commence à découvrir ses propres qualités négatives.

Elles apparaissent comme des insuffisances de caractère. Si l'individu ne prend à leur égard aucune attitude justificatrice et ne se laisse pas aveugler en s'excusant ou en accusant l'environnement extérieur (mauvaise éducation reçue, despotisme parental, habitudes,…), ses fautes s'éclaircissent.

Si l'individu ne prend aucune attitude de refus ou d'auto-justification, ces aspects négatifs se manifestent au cours de rêves et parlent de cette autre face (le côté obscure de la force…) jusqu'à ce qu'au fil des séances de psychothérapie, la personne découvre qu'elle possède ces mauvais côtés. Ce processus d'assimilation de l'ombre peut laisser apparaître des comportements "condamnables" -par la morale sociale -, lorsque le niveau de conscience baisse par fatigue ou sous l'effet de médicaments.

À la fin de cette étape, l'individu a beaucoup changé: il ne juge plus autrui, il devient plus compréhensif, plus fraternel avec le misérable, s'approfondit s'il était superficiel, et s'impartialise, s'il était partisan. Son moi s'est déplacé vers une position où le bien et le mal sont relativisés, et où le grave défaut de l'autre est vécu comme un défaut personnel.
La personne a dépassé le dogmatisme moral ou anti-moral.

-Étape 3 
C'est la confrontation à l'archétype sexuel (anima, animus). C'est après avoir assimilé l'ombre que les images de l'anima/ animus acquièrent leur plus grande intensité. Le moi, évitant la grande perte d'énergie liée à la répression des pulsions négatives ou inhabituelles de l'ombre, acquiert plus de force et peut alors se confronter au collectif. C'est le début d'une INITIATION: le dépassement de la dualité que la personne traînait depuis son enfance, du fait de la relation à sa mère. 

Dans le cas de l'homme: lorsqu'il réalise le symbolisme de l'initiation au travers de rêves, surgit devant lui la femme-animal, l'anima sous la forme du féminin excitant, dans toute sa force douce, mais atroce. Le sujet vit, peu à peu, des changements d'humeur brusques. Dans son imagination jaillissent des imagos très vivantes. Si l'individu est la proie d'une grande exaltation, assortie de présages bons ou mauvais, il doit parler à l'anima et lui demander ce qu'elle cherche. Il n'appartient pas au sujet de répondre. La réponse doit venir seule, que ce soit en images, en rêves ou en faits. S'il s'agit d'images spontanées, il doit intervenir, être actif. Pour entendre la réponse, il doit faire le vide mental, rester disponible. L'anima se vide peu à peu de ses contenus, ses symboles porteurs d'énergie se transfèrent au moi

Dans le cas de la femme: ce qui se passe est à peu près semblable. Quand elle parvient à découvrir l'influence de l'animus sur ses opinions bien arrêtées, elle parvient aussi à le vider de son contenu et son moi accumule l'énergie véhiculée par les symboles du masculin intérieur.
Alors le moi cesse de s'identifier au sexe. L'archétype perd son pouvoir de fascination et il se transforme en véhicule d'inspiration et de créativité. Connaissance et sentiment s'harmonisent, vient la tempérance: l'homme n'est plus jamais fasciné par aucune femme et la femme n'est plus jamais fascinée par une idéologie. La personne n'est plus capable de "tomber" amoureuse, car elle ne peut plus "se perdre" dans l'autre, mais elle est capable d'éprouver un amour très profond, car elle reconnaît sa/ son partenaire en tant qu'autre individu. (Cependant cet état porte en soi la solitude de l'être humain libéré - Yolande. Jacobi)

-Étape 4
C'est la rencontre de l'archétype "lumière". Le processus d'intégration de l'anima/ animus s'achevant, des imagos de ceux-ci apparaissent, correspondant à des animaux représentant les profondeurs de la Terre Mère (reptiles, poissons); le serpent est la figue symbolique de l'archétype sexuel. Si l'animus et l'anima finissent par se transformer en messagers de la profondeur de la psyché, leur symbole (le serpent) est une représentation de la médiation entre la Terre et le Ciel. La rencontre avec l'archétype "lumière", qui est donc précédée de ces symboles telluriques (symboles de la transcendance, dixit Jung) donne naissance à des imagos opposées, aériennes (oiseaux).

L'archétype sexuel était "infernal" ( de "inférieur", du "monde d'en bas") et lié à la vie; maintenant apparaît le ciel que notre culture considère comme l'endroit où montent les morts (les esprits). Des imagos exprimant "le voyage solitaire" avertissent d'une mort symbolique, non physique. L'individu doit affronter le pouvoir en soi.. La première tentation est que le moi, ayant survécu à l'antithèse de l'autre sexe, tombe dans le piège de s'identifier au pouvoir transcendant. Les images apportent des signes de l'incommensurable (aigles géants, cétacés, volcans, soleils irradiants, apocalypses), toute image suggérant une omnipotence et une omniprésence. Ici il y a une alternative: le recul ou l'affrontement.

Le recul : 
Le sujet, devant les présages menaçant de ces symboles, abandonne le processus d'individuation, et libère l'individualité de la psyché collective par un rétablissement de la persona, en se "cramponnant" au monde du dehors. Une nécessité externe va remplacer la nécessité interne. Mais cette possibilité est réservée à ceux qui ressentent un attachement profond à la terre, dans le silence du transcendant qui sous de multiples formes exerce son pouvoir. Les autres ne pourront pas reculer, car la sortie vers la vie simple leur sera fermée à jamais, ils seront obligés d'affronter…

L'affrontement : 
La personne qui se trouve à cette étape est en grave danger d'être "dévorée" par l'archétype "lumière": si elle cède à la tentation de s'identifier, elle se sentira détentrice du pouvoir suprême et tombera alors dans la psychose (en se prenant pour Dieu ou un prophète ou un disciple d'un prophète imaginaire). Jung a donné à ces états le nom d' "inflation psychique", car ils indiquent une extension de la personnalité au-delà des limites individuelles. Cette situation psychique pathologique dans laquelle se trouve l'ego identifié à et possédé par l'archétype "lumière" est appelée personnalité - mana ( mana: pouvoir magique transférable). Seule solution: faire acte d'humilité, avoir un travail utile qui l'accrochera à la terre (humilité provient du latin humus = terre). Si cette humilité est acquise, le moi ne se gonfle pas de pouvoir et il survient, du fait du renoncement, une transformation totale: un mystérieux archétype latent s'active; l'archétype "Selbst", le Soi.

Et ENFIN le Selbst, le Soi
C'est le but du processus d'individuation. après les 4 étapes qui viennent d'être décrites, une nouvelle situation apparaît: la partie obscure (l'ombre) est devenue consciente. Le sexuel contraire (anima/ animus) s'est différencié en nous. Notre relation avec l'esprit (l'archétype "lumière") s'est faite claire, l'orgueil de la personnalité - mana a été dépassé. C'est la prise de conscience à leur égard, et le fait de se libérer de leurs contenus symboliques autonomes - en les restituant dans la conscience et en renonçant à s'approprier le pouvoir (énergie) ainsi dégagé - qui font que le danger disparaît de lui même.

Une fois la personnalité- mana dissoute, toutes les structures de l'individu - sur le point de se dissocier, puisque le moi n'a plus de centre fixe et ne s'identifie plus à elles - commencent à se réorganiser. Cela nécessite une énergie semblable à l'énergie immanente de la nature et qui attire comme un aimant les éléments matériels pour les enfermer peu à peu dans des "cellules de cristal" (Psychologie et Alchimie, CG. Jung). C'est l'archétype cosmique qui ordonne les corpuscules géométriquement et harmonieusement.

C'est une manière totalement nouvelle et différente de rencontrer notre propre être. Si l'on veut caractériser cette "sensation" de la relation entre le moi et le Soi, il faut recourir à des analogies: "le moi individué se sent comme l'objet d'un sujet inconnu et super ordonné, comme le langage par rapport à l'intelligence, ou comme la relation entre le soleil et la terre (on ne peut pas les confondre, ni les séparer, sinon il n'y aurait ni l'expérience de la terre, ni celle du soleil). Ici arrive l'idée du divin. Jung sait qu'une telle notion sort des limites de l'intellectuel et de l'empirique, mais il l'accepte pour représenter la manière singulière de la vivre, et malgré toutes les critiques des empiristes et des rationalistes, il ose appeler le Soi "Dieu en nous".
Le Selbst marque l'ultime étape du difficile chemin de l'individuation. Après les nombreuses régressions indispensables aux progressions, le Selbst est la progression parvenue à terme, la formation de soi.

Cette rénovation est un état subjectif, la conscience étroite et partiale du moi - persona se transforme en une conscience amplifiée dont la fonction est liée à l'objet, au monde extérieur, et qui place l'individu dans une relation indissoluble à eux.

Ce nouvel état est invisible aux autres, seuls ceux qui y sont parvenus aussi peuvent le déceler. L'homme individué ne s'émeut pas devant les événements. Il n'est affecté que sur des plans inférieurs de son être, il demeure impassible devant des incidents très agréables ou désagréables. Il est parfois poussé vers des tâches très spéciales; il les réalise, car des forces lui permettent de nager à contre courant des valeurs collectives, elles surgissent du Soi. Il lui sera même souvent impossible de faire "ce qu'il aimerait faire" pour satisfaire les gens qu'il aime, car il lui est aussi impossible de réaliser ce que ces personnes aimeraient qu'il fasse.

Sa position dans le cosmos a changé radicalement, son nouveau centre de gravité le fait vivre en fraternité mystérieuse avec les animaux, les dieux, les cristaux, les astres, sans admiration, ni réprobation, ni orgueil.

Source:©http://chant-de-lun.ze-forum.com/t546-Le-processus-d-individuation-selon-Jung.htm

 

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Anwen 08/02/2020 05:03

Bonjour,
La « transformation », écrit Carl Gustav Jung, est un miracle qui ne peut s'accomplir sans l'aide de « Dieu » (Mysterium conjunctionis, tome II).
« Alors, soudainement, à son heure, Dieu vient. Cette expérience capitale est une perception certaine, immédiate, de Dieu. La certitude absolue se fait jour que l'on n'est pas seul au dedans de soi. Il semble que, sur tous les points, on se sente en contact avec un être de même nature, sympathique, incommensurablement plus sage, stable et désintéressé. C'est une impression analogue, mais plus complète et plus intime, à celle que l'on éprouve aux côtés d'une personne tendrement aimée et en qui l'on a une entière confiance. » (H. G. Wells, Dieu, l'invisible Roi).
Nous retrouvons cette analogie dans le thème du « compagnon de route », à l'instar du personnage appelé El-Khidr que Moïse rencontre au cours de son voyage, et dont l'histoire est relatée dans la sourate 18 du Coran.
Dans la Bhagavad-Gîtâ qui est la partie centrale du poème épique Mahâbhârata, nous voyons Krishna et Arjouna représentés comme « montés sur un même char ». Ce « char », et quelques fois « chariot », est ce véhicule qui apparaît, entre autres, dans le récit biblique a propos du prophète Elie, d'Hénoch ou dans le « Currus triumphalis Antimonii » de Basile Valentin.
Toutes les initiations, toutes les doctrines mythologiques, ne tendaient qu'à alléger l'âme du poids de la matière, à l'épurer, à l'éclairer par l'irradiation de l'intelligence, afin que, désireuse des biens spirituels et s'élançant hors du cercle des générations, elle pût s'élever jusqu'à la source de son existence. C'est la parabole de l'enfant prodigue, parcours d'un être singulier accédant après diverses épreuves à sa dignité et à sa liberté en renouant avec sa filiation divine ; aventure de l'Âme venue ici-bas, qui se grise et s'éparpille parmi les plaisirs de l'existence terrestre, puis se réveille et entreprend de retourner à l'éternelle demeure, berceau lumineux où Elle recouvre sa splendeur.
Cordialement.

Salima Luna Ghazal Raoui 12/04/2020 21:53

merci pour ce très beau texte, que je viens juste de voir dans mes messages cachés...